Le sapin de Noël et l’Alsace

Savez-vous que c’est en Alsace que sont conservées les plus anciennes mentions écrites connues à ce jour faisant référence aux Arbres de Noël ? 

L’historien Georges Bischoff a découvert dans les comptes de l’Œuvre Notre-Dame, à Strasbourg, une mention relative au sapin de Noël datant de 1492. Il y est indiqué que l’Œuvre Notre-Dame achète pour deux gulden neuf sapins pour les neuf paroisses de la ville pour « accueillir la nouvelle année ». Le sapin semble alors davantage lié au Nouvel An qu’à Noël, ce qui renvoie à la tradition romaine de décorer sa maison avec des branches de sapin en l’honneur du dieu Janus. Dieu qui présidait au commencement de toutes choses, dont le nom a donné « janvier ».

Albrecht Dürer, Le Sapin, aquarelle, 1495
Albrecht Dürer, Le Sapin, aquarelle, 1495

Les décorations du sapin de Noël évoluent

Au Moyen Âge, la chrétienté s’est appropriée l'ancienne tradition romaine en plaçant des sapins et non plus seulement des branches sur les parvis ou dans les chœurs des églises : ils faisaient alors office de décor pour les mystères, ces petites pièces théâtralisées de représentations bibliques. Les sapins étaient alors décorés de pommes, pour rappeler le péché originel, et d’hosties figurant la rédemption permise par le sacrifice de Jésus. 

Découvrez la magnifique exposition sur l’évolution des décorations du sapin de Noël à l’église Saint-Georges de Sélestat.
Découvrez la magnifique exposition sur l’évolution des décorations du sapin de Noël à l’église Saint-Georges de Sélestat.

A partir du XVe siècle, les sapins sont placés également dans les poêles des corporations et apparaissent roses, fleurs en papier ou fines feuilles de métal travaillées. L'usage de décorer les sapins se répand dans de nombreux foyers et il est nécessaire de protéger la ressource. Une mention dans un livre de compte de la Ville de Sélestat en date du 21 décembre 1521 indique qu’il fallait payer 4 schillings aux gardes forestiers pour la surveillance de la coupe des sapins. 

Au XVIIIe siècle, apparaissent sur les sapins de Noël des noix dorées, de petits pains d’épice, des springerle. Le sapin n’était pas, comme aujourd’hui, posé au sol, il était suspendu par sa branche sommitale dans la pièce à vivre de la maison, pour protéger ses décorations de l’appétit des rongeurs. La plus ancienne représentation que l’on connaisse d’un tel sapin suspendu est une gravure du Strasbourgeois Benjamin Zix (1772-1811), Er schloft, datée de 1806 et conservée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

A partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, le sapin descend au sol, une gravure de 1840 le représente même entouré d'une petite palissade figurant l'enclos du paradis. L'usage veut qu'on imprime des images brillantes en relief, à coller sur des sujets en sucre, en chocolat ou en pain d'épices. Puis apparaissent, fin XIXe siècle, les figurines en cire, angelots notamment, guirlandes ou étoiles en métal, noix soufflées et glaçons artificiels en verre, cheveux d'anges et boules en verre soufflé soit tout l'arsenal d'aujourd'hui.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les traditions de Noël en Alsace, je vous propose des visites guidées thématiques contactez-moi www.cheminsbioenalsace.fr

Informations sur l'auteur

Caroline CLAUDE-BRONNER

fondatrice de Chemins Bio en Alsace , guide-conférencière nationale diplômée en Histoire, fille de vignerons alsaciens, passionnée par sa région, je vous propose mes services de guidage et d'accompagnement dans la bonne humeur et le respect de l'environnement pour tout public, du junior au senior.

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