Le sapin de Noël et l’Alsace

Saviez-vous que c’est en Alsace que sont conservées les plus anciennes mentions écrites connues à ce jour faisant référence aux Arbres de Noël ? 

L’historien Georges Bischoff a découvert dans les comptes de l’Œuvre Notre-Dame, à Strasbourg, une mention datant de 1492. Il y est indiqué que l’Œuvre Notre-Dame achète pour deux gulden : neuf sapins pour les neuf paroisses de la ville pour accueillir la nouvelle année. Le sapin semble alors davantage lié au Nouvel An qu’à Noël, ce qui renvoie à la tradition romaine de décorer sa maison avec des branches de sapin en l’honneur du dieu Janus qui présidait au commencement de toutes choses, dont le nom a donné « janvier ».

Le sapin, arbre multifonctionnel était présent dans les paysages, les vies -du berceau au cercueil - et les imaginaires des anciens habitants des régions de l'est de la France depuis les périodes antiques. Le naturaliste Pline l'Ancien (23-79 ap. JC) longtemps en poste en tant qu'officier de cavalerie en Rhénanie inférieure cite le Massif Vosgien parmi les régions du monde romain où les sapins sont "les plus estimés". Cet arbre toujours vert à la fois propice à l'espoir et aux rêves mais également aux angoisses de retour des temps obscurs est devenu au fil du temps un élément sauvage introduit quelques jours dans le coeur d'une maison. Puisque au moment où presque tous les arbres sont dépouillés de leurs feuilles, le sapin entre quant à lui dans une période d'intense présence et est devenu au fil du temps un élément indispensable des coutumes de l'Avent et de Noël. Il est ainsi présent dans nos maison sous la forme de la couronne de l'Avent, de décorations, et de l'incontournable sapin décoré.

Albrecht Dürer, Le Sapin, aquarelle, 1495
Albrecht Dürer, Le Sapin, aquarelle, 1495

Les décorations du sapin de Noël évoluent

Au Moyen Âge, la chrétienté s’est appropriée l'ancienne tradition romaine en plaçant des sapins et non plus seulement des branches sur les parvis ou dans les chœurs des églises : ils faisaient alors office de décor pour les mystères, ces petites pièces théâtralisées de représentations bibliques. Les sapins étaient alors décorés de pommes, pour rappeler le péché originel, et d’hosties figurant la rédemption permise par le sacrifice de Jésus. 

A partir du XVe siècle, les sapins sont placés également dans les poêles des corporations, on commence à les décorer avec des roses en papier ou des fines feuilles de métal travaillées. L'usage de décorer les sapins se répand très vite dans de nombreux foyers et il devient nécessaire de protéger la ressource. Une mention dans un livre de compte de la Ville de Sélestat en date du 21 décembre 1521 indique qu’il fallait payer 4 schillings aux gardes forestiers pour la surveillance de la coupe des sapins. 

La plus ancienne représentation que l’on connaisse d’un tel sapin suspendu est une gravure du Strasbourgeois Benjamin Zix (1772-1811), Er schloft, datée de 1806 et conservée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.
La plus ancienne représentation que l’on connaisse d’un tel sapin suspendu est une gravure du Strasbourgeois Benjamin Zix (1772-1811), Er schloft, datée de 1806 et conservée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

Au XVIIIe siècle, apparaissent sur les sapins de Noël des noix dorées, de petits pains d’épice, des springerle. Le sapin n’était pas, comme aujourd’hui, posé au sol, il était suspendu par sa branche sommitale dans la pièce à vivre de la maison, pour protéger ses décorations de l’appétit des rongeurs. La plus ancienne représentation que l’on connaisse d’un tel sapin suspendu est une gravure du Strasbourgeois Benjamin Zix (1772-1811), Er schloft, datée de 1806 et conservée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

Pas de Noël alsacien sans O Tannenbaum. La version la plus célèbre est basée sur une musique traditionnelle et un texte de 1824 composé en allemand par Ernst Anschütz, organiste et professeur à Leipzig.
Pas de Noël alsacien sans O Tannenbaum. La version la plus célèbre est basée sur une musique traditionnelle et un texte de 1824 composé en allemand par Ernst Anschütz, organiste et professeur à Leipzig.

Pas de Noël alsacien sans le célèbre chant "O Tannenbaum". La version la plus célèbre est basée sur une musique traditionnelle et un texte de 1824 composé en allemand par Ernst Anschütz, organiste et professeur à Leipzig.

 

O Tannenbaum, o Tannenbaum,

Wie treu sind deine Blätter!

Du grünst nicht nur zur Sommerzeit,

Nein auch im Winter wenn es schneit.

O Tannenbaum, o Tannenbaum,

Wie grün sind deine Blätter!

O Tannenbaum, o Tannenbaum,

Du kannst mir sehr gefallen!

Wie oft hat schon zur Winterszeit

Ein Baum von dir mich hoch erfreut!

O Tannenbaum, o Tannenbaum,

Du kannst mir sehr gefallen!

O Tannenbaum, o Tannenbaum,

Dein Kleid will mich was lehren:

Die Hoffnung und Beständigkeit

Gibt Mut und Kraft zu jeder Zeit!

O Tannenbaum, o Tannenbaum,

Dein Kleid will mich was lehren!

 

 

Ô sapin, ô sapin

Comme tes feuilles sont fidèles !

Tu ne verdis pas seulement en été

Mais aussi en hiver quand il neige

Ô sapin, ô sapin

Comme tes feuilles sont vertes !

Ô sapin, ô sapin

Tu sais beaucoup me plaire !

Que de fois, à Noël,

Un arbre comme toi m'a réjoui !

Ô sapin, ô sapin

Tu sais beaucoup me plaire !

Ô sapin, ô sapin

Ton habit veut m'enseigner quelque chose

Espoir et stabilité

Il donne tout le temps courage et force

Ô sapin, ô sapin

Ton habit veut m'enseigner quelque chose.

Découvrez la magnifique exposition sur l’évolution des décorations du sapin de Noël à l’église Saint-Georges de Sélestat.
Découvrez la magnifique exposition sur l’évolution des décorations du sapin de Noël à l’église Saint-Georges de Sélestat.

A partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, le sapin descend au sol, une gravure de 1840 le représente même entouré d'une petite palissade figurant l'enclos du paradis. L'usage veut qu'on imprime des images brillantes en relief, à coller sur des sujets en sucre, en chocolat ou en pain d'épices. Puis apparaissent, fin XIXe siècle, les figurines en cire, angelots notamment, guirlandes ou étoiles en métal, noix soufflées et glaçons artificiels en verre, cheveux d'anges et boules en verre soufflé soit tout l'arsenal d'aujourd'hui.

Les sapins blancs du Kahlenwasen - Massif du petit Ballon - Ô sapin, ô sapin Ton habit veut m'enseigner quelque chose Espoir et stabilité Il donne tout le temps courage et force Ô sapin, ô sapin Ton habit veut m'enseigner quelque chose.
Les sapins blancs du Kahlenwasen - Massif du petit Ballon - Ô sapin, ô sapin Ton habit veut m'enseigner quelque chose Espoir et stabilité Il donne tout le temps courage et force Ô sapin, ô sapin Ton habit veut m'enseigner quelque chose.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les traditions de Noël en Alsace, je vous propose des visites guidées thématiques contactez-moi www.cheminsbioenalsace.fr

Informations sur l'auteur

Caroline CLAUDE-BRONNER

fondatrice de Chemins Bio en Alsace , guide-conférencière nationale diplômée en Histoire, fille de vignerons alsaciens, passionnée par sa région, je vous propose mes services de guidage et d'accompagnement dans la bonne humeur et le respect de l'environnement pour tout public, du junior au senior.

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