Sur les traces des sorcières en Alsace

En l'espace d'un siècle, entre 1580 et 1680, au coeur même de l'éclatante Renaissance, un vent de folie a saisi les terres du Saint Empire romain germanique s'en prenant à toutes celles qui s'écartaient de la "norme" : guérisseuses, accoucheuses, estropiées, riches veuves ou pauvresses, vieillardes ou fillettes.

Exacerbant les passions de populations en proie aux guerres et aux misères, d'implacables juges envoyèrent au bûcher des cohortes de "Hexen". Ces femmes accusées de sorcellerie, furent envoyées au bûcher au terme de simulacres de procès et après d'atroces tortures.

Comme d'autres régions de l'Empire, l'Alsace n'échappa pas à cette chasse infernale et connu un déchaînement inouï de violences et de cruautés rarement atteint ailleurs. Plusieurs milliers d'Alsaciennes furent ainsi accusées d'avoir vendu leur âme et leur corps au Diable, livrées sur simple dénonciation à une impitoyable justice d'exception.

Le signal de départ de cette grande chasse remonte à 1484, lorsque le pape Innocent VIII décide par la bulle Summis desiderantes affectibus  l'éradication de la sorcellerie. Il charge deux dominicains, Heinrich Krämer, dit Institor, originaire de Sélestat et Jacob Sprenger de nettoyer la zone rhénane. Ces deux zélateurs publient en 1486, le premier ouvrage codifiant la traque des sorcières : le Malleus maleficarum. Cet ouvrage stigmatise particulièrement les femmes, son titre traduit en français "Le Marteau des sorcières" et en allemand "Hexenhammer" en est une preuve.

En 1532, La Carolina, le code criminel de l'empereur Charles-Quint commun aux terres du saint Empire romain germanique prescrit en son article 109, sous le titre "la punition du sortilège", que "celui qui aura dommagé à quelqu'un par sortilège, sera puni de mort, et la punition sera celle du feu". Dès lors, sous la pression du monde ecclésiastique, les poursuites enclenchées ne connaissent plus de limites.

Des lieux à découvrir :

La maison des sorcières à Bergheim

Les procès de sorcellerie jugés à Bergheim sont un évènement peu connu de l'histoire d'Alsace. Et pourtant le bilan de cette période est effrayant : 43 morts, toutes des femmes, la plupart brûlées vives, et toutes condamnées après des procès expéditifs. A travers images, gravures, films vidéo, archives, textes courts (en français et en allemand), la Maison des Sorcières invite à interroger le passé pour mieux comprendre le présent et à porter un regard sur l'exclusion et l'intolérance d'aujourd'hui.

La colline du Bollenberg : Aujourd’hui réputée pour ses grands vins, elle abrite de nombreuses et mystérieuses légendes. Les plantes rares et exceptionnelles qui composent les pelouses sèches protégées ont très longtemps servi de base  à la médecine traditionnelle et le lieu était réputé servir de refuge aux sorcières. Le diable lui-même y aurait installé son observatoire afin de guetter les proies à pervertir. Ce lieu unique et fantastique est consacré au soleil. La Chapelle Sainte Apolline rappelle les cultes solaires anciennes celtique de Belenos le dieu des celtes et  Apollon le dieu des Romains. 

Des livres à lire :

L'holocauste des sorcières d'Alsace - un effroyable massacre au coeur de l'Europe humaniste- de Jacques ROEHRIG aux éditions La Nuée Bleue.

Les Saisons d’Alsace du printemps 2018 consacrent le numéro 75 à cette effroyable chasse aux sorcières. Je vous en recommande la lecture. 

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Informations sur l'auteur

Caroline CLAUDE-BRONNER

fondatrice de Chemins Bio en Alsace , guide conférencière diplômée en Histoire, fille de vignerons alsaciens, passionnée par sa région, vous propose ses services de guidage et d'accompagnement dans la bonne humeur et le respect de l'environnement pour tout public, du junior au senior.

 

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