Les fresques de Hunawihr

Partons à Hunawihr, mon village, découvrir les magnifiques fresques qui se cachent dans le clocher de la célèbre église.

Ces fresques datent de la fin du XVe siècle (1493). Elles ont été redécouvertes fortuitement vers 1878 lors de travaux de rénovation du clocher de l'église. Classées "Monument historique" en 1972, elles racontent en quatorze tableaux, répartis en deux registres superposés, des épisodes de la vie de Saint Nicolas et des miracles accomplis après sa mort. Il s'agit d'une adaptation en "bande dessinée" de la légende de Saint Nicolas popularisée grâce à la célèbre "Légende Dorée".

Cet ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, raconte la vie d'environ 150 saints ou groupes de saints, saintes et martyrs chrétiens, et, suivant les dates de l'année liturgique, certains événements de la vie du Christ et de la Sainte Vierge Marie. La Légende dorée a influencé de manière très significative l'art depuis le Moyen Âge et a connu un succès considérable. Très rapidement, La Légende dorée devient, avec la Bible et le psautier, une des œuvres les plus lues, les plus copiées mais peut-être aussi les plus augmentées : aux XIVe et XVe siècles, il n'est pas rare d'en trouver des copies contenant pas moins de 400 histoires.

Le registre supérieur évoque des épisodes de la vie du Saint :  Saint Nicolas apportant son soutien financier à trois jeunes filles que leur père voulait prostituer (1), Saint Nicolas choisi pour succéder à l'évêque de Myre puis intronisé et sacré évêque de force (2), Saint Nicolas apportant son secours à un navire dans la tempête (3), Saint Nicolas libérant trois innocents injustement condamnés à mort (4), Saint Nicolas qui fait abattre l'arbre du culte idolâtre de Diane puis déjouant la vengeance du Diable voulant incendier son église (5) , la mort de Saint Nicolas (6)et le transfert de son corps dans la cathédrale de Bari (7)

Le registre inférieur évoque les miracles opérés après la mort du Saint : Le premier tableau montre la résurrection de trois enfants, dont la légende nous conte qu'ils furent tués et découpés puis mis dans un saloir (8) Cette légende reposerait sur une interprétation erronée de l'image. Les traits verticaux et horizontaux qui découpent les enfants seraient en réalité les barreaux de la prison. Saint Nicolas aurait payé la rançon pour leur libération comme il donna de l'argent aux trois jeunes filles pour qu'elles n'aient pas à se prostituer. La scène (9) est indéterminée. Nous voyons ensuite le miracle du chevalier-brigand qui, poursuivi, saute sans dommage le Danube grâce à l'intervention de Saint Nicolas (10), celui de l'enfant qui, enlevé par les infidèles, est libéré par Saint Nicolas (11) et l'histoire du jeune chrétien tentant de flouer un juif auquel il avait emprunté de l'argent. Le chrétien est puni par Saint Nicolas qui le fait s'endormir sur un chemin où un chariot l'écrase. Cette action, complétée par la résurrection du chrétien, amène la conversion du juif (12,13,14)

Un quinzième tableau, peut être un peu plus tardif, situé à droite, représente le couronnement de la Vierge par la Trinité à moins qu'il ne s'agit d'une représentation de la béatification de Sainte Hune ?

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Informations sur l'auteur

Caroline CLAUDE-BRONNER fondatrice de Chemins Bio en Alsace, guide conférencière diplômée en Histoire, fille de vignerons alsaciens, passionnée par ma région, je vous propose mes services de guidage et d'accompagnement dans la bonne humeur et le respect de l'environnement pour tout public, du junior au senior.

 

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