Conclusions

Nous avons certes séparé notre sujet en trois grandes parties chronologiques et historiques mais au cours de ces trois périodes il y a des éléments permanents que l'on retrouve : des vignes, des maladies, des hommes, des questions et des réponses.

Il est temps à présent de s'interroger sur les permanences et les changements qui résultent de ces 139 années de lutte acharnée. II faut donc se poser la question de l'influence des maladies de la vigne et en particulier du rôle de la crise phylloxérique dans la transformation du vignoble alsacien.

II s'agit de distinguer plusieurs domaines, les conséquences sur la viticulture proprement dite, et les conséquences sociales, politiques et économiques. Soit un impact direct et un impact indirect.

A) L'impact direct sur la viticulture alsacienne.

Les maladies de la vigne ont entraîné l'affaiblissement général du vignoble et parfois la mort des pieds de vigne. II a donc fallu remplacer les pieds de vigne, insuffler une nouvelle énergie aux vignobles, transformer les techniques viticoles et adapter les méthodes de travail.

Les constantes : le coût du travail et des produits phytosanitaires ainsi que le temps nécessaire qu'il fallait accorder aux travaux supplémentaires.

Les innovations : les vignerons se mettent à utiliser de nombreux produits chimiques, malheureusement très souvent employés à tort et à travers mais aussi extrêmement toxiques pour l'environnement et les personnes en contact.

Au cours de cette période, les vignerons abandonnent les anciennes méthodes de plantation au profit de l'utilisation d'hybrides, de producteurs directs et finalement de pieds de vigne greffés.

Les méthodes de travail sont adaptées aux nouvelles techniques. Les vignerons vont systématiquement labourer les vignes, planter en rangs, palisser les vignes et essayer dans la mesure du possible d'adapter les cépages aux terrains et de sélectionner ces mêmes terrains.

La lutte contre les maladies de la vigne va donc fortement contribuer à l'amélioration des techniques viticoles et à la mise en place de cultures de qualité.

L'imaginaire populaire associe beaucoup trop souvent les maladies de la vigne au seul phylloxéra, il faut donc rapidement nous intéresser aux conséquences de la crise phylloxérique proprement dite en Alsace.

Le phylloxéra va entraîner plusieurs conséquences, la première va être l'installation d'une peur, comme si la peste s'était abattue sur le vignoble. Cette angoisse va être entretenue et véhiculée par les médias de l'époque, journalistes et conférenciers qui traitent alors avec plus ou moins de dramatisation du sujet.

Le phylloxéra va être précédé et entouré par des légendes et des récits farfelus. II suffit de se rappeler les premiers moyens de lutte qui ont été mis en place : des prières et des processions !

Face à la progression de l'insecte et aux premières pertes de récolte, l'administration allemande va mettre en place des moyens de lutte propres à la région, c'est à dire : surveillance des frontières, encerclement et désinfection du sol, arrachage systématique. L'organisation administrative allemande ira même jusqu'à compter les insectes et les inspecteurs sanitaires jusqu'à établir des plans et des cartes de progression. Pendant ce temps certains chercheurs vont essayer de trouver eux même le remède idéal en expérimentant des nouveaux croisements, d'autres vont se tourner vers la France et faire des voyages d'études, rencontrer les spécialistes français et à leur contact expérimenter la technique du greffage.

Ce qu'il reste de cette crise phylloxérique; une grande peur collective, mêlée à un sentiment d'impuissance et de fatalité. Bref un mythe ...

Cet extrait de pièce de théâtre jouée à l'époque, illustre très bien le sentiment de peur, après on peut toujours en rire mais sur le moment le choc était bien réel. Nous sommes en 1911, Auberge à la Pioche d'or, Bergweiler. Dimanche matin, les cloches sonnent, l'aubergiste attend le facteur et son journal. II en a autant besoin que d'un verre de vin, car des nouvelles qu'il y trouvera dépendent toutes les conversations alimentant la politique du village. (S’Dorfpolitik).

Et, en lisant un article, il découvre que le phylloxéra est entré dans le village, sa réaction : "Jekt semr veriora, do steht's schwarz uff wiss, s'esch fertig un ab; d'Rablüs esch en unserm Bann. Do helft ke Baffa, ke Schwafla un Spreka nix. Schon 4 Johr hamr ke Heerbscht meh gemacht, dr Wi geht neff un gelt ke pris, die Unkesta wara emmer grosser un grosser, un jetzt noch d'Rablüs. Jekt kenna mr am Düema lolla anstatt am Riweria. S'esch nix ze mache, mr sen verrazt, füffi, kapores. "[1]

En traduction : Nous sommes perdus, c'est écrit noir sur blanc. C'est fini : le phylloxéra est entré dans notre ban. II ne sert plus à rien de prier, ni soufrer ni pulvériser. Depuis quatre ans, nous n'avons plus fait de récoltes, le vin ne va plus (ne se vend plus), et ne vaut rien, les dépenses deviennent de plus en plus importantes, et maintenant encore le phylloxéra. Maintenant nous pouvons sucer notre pouce à la place de téter le tonneau. Y rien à faire, on est fini, foutu ...

B) Les impacts indirects des crises viticoles pour le Vignoble Alsacien 

B.1) Des origines d’une singularité alsacienne 

Il faut bien sur tenir compte de la position géopolitique de l'Alsace et des conséquences du triple changement de nationalité qui a eu lieu dans cette province au cours de la période étudiée. Les changements de gouvernement ont entraîné de profondes variations législatives.

II est clair que l'Allemagne et la France n'ont pas la même philosophie viticole et que l'Alsace a été obligée de s'adapter pour survivre.

L’apport de chaque pays dans la réussite de la lutte est au final complémentaire. Il est indéniable que dans un premier temps, la rigueur administrative allemande c'est sans conteste avérée très efficace. Et dans un deuxième temps la « philosophie » française de vins de qualité et de préservation des anciens cépages s’est elle aussi avérée payante. Le rôle majeur des vignerons alsaciens dans la lutte.

Peut-on pour autant parler de singularité alsacienne ? D'une sorte de troisième voie.

Les vignerons alsaciens se sentaient doublement victimes : tout d’abord d'un mal qu'ils ne méritaient pas et deuxiément victimes d’administrations qui ne pouvaient pas résoudre les problèmes. Mais les vignerons alsaciens étaient attentifs, curieux, ils n'hésitaient pas à expérimenter les nouvelles méthodes.

II faudrait pouvoir comparer avec les vignerons français à la même époque, mais il est certain que les vignerons alsaciens se tenaient au courant, ils lisaient beaucoup de journaux et suivaient les conférences et les sessions de formation.

Il est sûr que l'expérience française a énormément influencé les alsaciens et d'ailleurs tous les vignerons confrontés au même problème. On pourrait aller jusqu'à dire que les vignerons alsaciens ont servi de passerelle entre la France et l'Allemagne. Les deux méthodes de lutte et deux idéologies viticoles se confrontant en un même lieu.

II faut rapidement rappeler ici, le rôle très important joué par les élites viticoles de chaque pays. Ce rôle est illustré par l'estime qu'accordaient les vignerons alsaciens aux scientifiques français au cours de la période du Reichsland.

Au cours de toute cette période, la presse a joué un très grand rôle d'informateur et parfois d'agitateur. Les journalistes et les rédacteurs en chef ont laissé les syndicalistes s'exprimer dans leurs colonnes.

Les associations puis les syndicats viticoles étaient très nombreux et extrêmement actifs et influents. Leurs chefs, étaient appréciés et écoutés

B.2) Les impacts économiques et sociaux de la crise.

Bien sûr, il y a eu des faillites et des profiteurs. Les vignerons privés de revenus ne pouvaient plus investir ni consommer, toute l'économie tournait au ralenti.

Pour survivre, il fallait emprunter, se diversifier. Les vignerons ont créé des structures de polyculture vivrière. Par exemple, à Hunawihr, un vigneron a créé un champ de houblon !

Il y a toujours des propriétaires qui tirent leur épingle du jeu et continuent à acheter des vignes et du matériel, mais ils sont rares.

La misère entraîne un exode rural, les fils et filles de vigneron doivent aller chercher ailleurs de quoi vivre. Mais les vignerons vont être inventifs et créer des systèmes d'entraide que les municipalités vont très souvent soutenir. Les premières caisses de prêt sont créés et c'est le début des caves coopératives qui vont après la deuxième guerre mondiale donner les coopératives d'aujourd'hui.

Quelle exemplaire organisation viticole ! L'adage "Prendre soi-même son destin en main" prenait tout son sens.

B.3) Les impacts sur le paysage du Vignoble Alsacien 

Le paysage se modifie, les crises viticoles entraînent l'abandon total des vignes de plaine, le vignoble se resserre autour des villages des collines. Ces mêmes collines sont restructurées, les vignes sont désormais en rangs et palissées. De nombreux vergers apparaissent ainsi que des jardins aux alentours des villages.

C) Les mythes et la réalité.

De cette période de crise, il reste aujourd'hui quelques souvenirs et beaucoup de mythes.Parmi ces mythes, il y a celui des grands hommes. Tous ces "héros" de la lutte qui ont une rue ou une plaque à leur nom. Certes, ils l'ont plus que mérité mais dans cette liste il y a des oublis souvent involontaires et parfois volontaires. Forcément un allemand ne pouvait avoir raison ; le sort réservé à Paul Kulisch en est révélateur. II a été dénigré et totalement oublié alors que son travail et ses intuitions s'avèrent être les bonnes !

Christian Oberlin a été encensé et il le méritait, ses recherches et sa vie ont été consacré à l'amélioration des techniques viticoles mais sa quête de la vigne idéale n'a pas été un succès et aurait pu avoir de fâcheuses conséquences s'il avait été suivi. Oberlin travaillait encore à la manière d'un alchimiste, il recherchait dans les hybrides un remède à tous les maux, comme beaucoup de scientifiques ou d'amateurs éclairés de son époque, il était encore marqué par une culture encyclopédique héritée du dix-huitième siècle. N'oublions pas que c'est ce même engouement pour la collection qui quelques décennies plus tôt a permis d'introduire les nouvelles maladies en Europe !

Comme toujours il faut faire attention, nul n'a vraiment tort, nul n'a vraiment raison, les raccourcis et les rancœurs sont nombreux, il faut faire la part des choses.

La crise phylloxérique est une belle illustration d'un mythe car le phylloxéra ravageur a occasionné en fin de compte en comparaison des dégâts réalisés par les autres maladies plus de peur que de mal.

L'éloignement géographique des points de contamination, l'apparition plus tardive de la maladie, les mesures efficaces prises par le gouvernement allemand, les tournées d'inspection puis ensuite l'influence française tout cela a permis d'éviter la propagation. Le coût de la lutte était élevé mais a sauvé le vignoble.

Le phylloxéra en Alsace n'a donc pas été une maladie aussi destructrice qu'on pourrait le penser, mais en tous les cas ces petits insectes ont joué le rôle de déclencheur et ont sonné l'alerte générale et le rappel de toutes les troupes.

N'oublions pas que la période étudiée était avant tout une époque de transformation et de profondes mutations, il y a eu beaucoup d'erreurs mais aussi d'éclatantes réussites.

C'était avant tout un instinct de survie qui dictait les actions des hommes. Ce qu'il reste de tout cela, de la peur et des pleurs, un peu de chance, un zeste de polémique, beaucoup de politique et surtout du travail; le travail de plusieurs générations d'hommes et de femmes qui ont fait le vignoble et qui ont résisté malgré tout. C'était des vignerons qui tout en étant conservateur de nature ont su s'adapter, ont su être à l'écoute des scientifiques et toujours soucieux d'aller dans le bon sens. Ils étaient bien entourés et avaient des chefs bien organisés. Mais il fallait survivre, la crise a eu ses laissées pour compte, ses profiteurs, ses erreurs fatales, ses excès, ses revirement. Les déceptions étaient légions mais l'espoir toujours vivant.

Ces crises ont permis un essor considérable, une réelle prise de conscience du potentiel de la région. Ces crises ont engagé une réorganisation totale de la filière viticole. Les paysages, les familles viticoles en ont été ébranlées et transformés, mais pas la terre et la passion continue.


Notes de bas de page - Conclusion

[1] Pièce de théâtre de G. BOESCH, édition J.B Jung et Cie, Colmar, 37 Pages, 1911

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Archives municipales de la ville de Colmar, Fonds Oberlin

Archives de l'Association des Vignerons Asaciens, en particulier la collection compléte de la Revue « Les Vins d'Alsace »

Archives privées :     Famille Greiner Dora , Hunawihr

                                 Famille Ziegler Jean , Hunawihr

Collection de livres anciens de la famille Fréderic Bronner, Hunawihr

Collection des documents et photographies du Musée du Vin et du Vignoble alsacien, Kientzheim.

Glossaire 

Ampélographie : Science de la vigne et des cépages.

Black-rot : Maladie de la vigne, causée par un champignon qui attaque le feuillage, les jeunes pousses et les grappes après floraison.

Botrytis cinerea : Champignon parasite du raisin, dont l'action peut avoir différentes conséquences favorables ou très défavorables selon les conditions climatiques.

Bouillie Bordelaise : Mélange composé de lait de chaux et de sulfate de cuivre, provoque sur les feuilles de vigne un précipité empêchant la germination des spores du mildiou.

Cep : Partie ligneuse de plus d'un an d'un pied de vigne.

Cépage : Variété de plant de vigne.

Chaptalisation : Addition de sucre au moût, avant ou pendant la fermentation, afin d'assurer au vin une teneur en alcool en harmonie avec celle des autres composants. Ce procédé a été suggéré par Chaptal, d'où son nom.

Chaufferette : Appareil de chauffage permettant de réchauffer l'air, entre les rangs de vignes; utilisé à titre préventif contre les gelées de printemps.

Clones de pieds de vigne : Ensemble de pieds de vigne tous issus d'un même pied et donc génétiquement semblables entre eux. La technique du clonage permet de sélectionner des pieds présentant des caractères particulièrement intéressants et de les reproduire à l'identique.

Conduite : Manière de diriger et d'éiever la vigne selon un mode qui varie selon les régions. C'est le type de taille qui détermine la conduite.

Coulure : Affection ou trouble fonctionnel de la vigne. Elle se manifeste soit par flétrissure d'une partie des fleurs ou des raisins, soit par leur développement inégal. Affection généralement causée par le mauvais temps à l'époque de la floraison.

Cryptogrammes : Plantes dont les organes de fructification sont peu apparents : fougères, algues et champignons.

Cryptogamiques : La vigne peut être atteinte de maladies cryptogamiques, maladies causées par un champignon.

Echalas : Pieu en bois que l'on enfonce dans le sol, au pied d'un cep pour le soutenir.

Encépagement : Cépages ou variétés de vignes qui composent le vignoble.

Greffage : Opération consistant à souder entre eux deux bois de vignes différents : l'un constitue le greffon, l'autre le porte-greffe. Ce procédé a été employé après la crise du phylloxéra, les vignes françaises et européennes (vitis vinifera) ont été greffées sur des porte-greffes d'origine américaine, résistants au parasite.

Hybride : Vignes provenant d'un croisement entre des vignes provenant de deux espèces différentes. Par croisement de plants américains avec des vignes françaises, on obtint des hybrides producteurs directs, robustes et prolifiques; par la suite ces hybrides servirent de porte-greffe aux vignes françaises.

Marcottage ou provignage : Technique consistant à coucher en terre un rameau d'une souche-mère, jusqu'à ce qu'il forme des racines. Le sarment enraciné est alors détaché du pied mère et donnera un nouveau pied.

Porte-greffe : Dans une opération de greffage, le porte-greffe est le pied de vigne qu'on enracine et qui porte le greffon. (Unterlagen en allemand)

Pieds-méres : Vignes d'origine américaine (Mutterstocke en allemand)

Producteurs-directs : croisement de plants de vigne américains avec des plants de vigne européens (Direktrager)

Vitis vinifera : Nom de la vigne européenne qui fournit des raisins de cuve.

Rot-Brenner : Rougeot parasitaire, maladie cryptogamique due à un champignon le Sendopeziza tracheiphila. Son extension est due à la non-culture du sol qui assure la conservation de i'inoculum contenu dans les feuilles mortes Symptômes : Apparition de tâches sur les feuilles, celles-ci peuvent dessécher rapidement et tomber prématurément entraînant un affaiblissement des ceps et une altération de la floraison.