Chapitre 3 : La reconstruction du vignoble alsacien 1918 - 1939.

Le Temps seul juge souverainement

les bonnes ou les mauvaises idées,

les bonnes ou les mauvaises pratiques.

Docteur Jules Guyot, Culture de la vigne et vinification. [1]

Pour illustrer la qualité et la quantité de la première vendange française de 1919, le célèbre artiste Hansi a  naturellement choisi l'iconique "clocher dans les vignes" de Hunawihr pour appuyer son affirmation «publicitaire» francophile
Pour illustrer la qualité et la quantité de la première vendange française de 1919, le célèbre artiste Hansi a naturellement choisi l'iconique "clocher dans les vignes" de Hunawihr pour appuyer son affirmation «publicitaire» francophile

1) En 1918, retour à la France.

"L'Alsace pourra encore exporter du vin en Allemagne pendant cinq ans jusqu'à qu'elle se soit adaptée aux lois françaises et qu'elle trouve de nouveaux débouchés". Paragraphe 268 du Traité de Versailles.

En effet, les lois françaises étaient si différentes des allemandes qu'une période d'adaptation était nécessaire. Pendant la période allemande, les lois françaises ont changé et les produits alsaciens ne sont plus conformes aux normes françaises. [2]

L'Alsace devient en 1918 une des plus petite région viticole française, et subit comme un coup de fouet la concurrence avec les vins français et algériens.

A) Quel avenir pour la viticulture en Alsace ?

Le 16 février 1919 à 15 heures dans la salle des Catherinettes à Colmar a eu lieu une importante réunion de la section viticulture de la société d'horticulture et de viticulture du Haut-Rhin, le thème des débats était : L'avenir de la viticulture en Alsace.[3]

L'intervention de Gustave Burger a été particulièrement distinguée par les journalistes de l'époque. II est important d'en citer ici de larges extraits afin de préciser le contexte et l'importance de l'enjeu : "Nous savons bien que notre lutte pour notre existence devient toujours plus difficile. Le phylloxéra va dévaster notre vignoble comme il l'a fait partout ailleurs. Notre vieille méthode de culture est devenue trop coûteuse, nous aurons à souffrir du manque de main d'œuvre, les maladies et les ennemis de la vigne reviendront tous les ans. II ne suffit pas d'employer une culture intensive, des efforts multiples, des soins délicats donnés à la terre et à la vigne. Depuis une dizaine d'années, deux problèmes ont attiré l'attention des vignerons : la reconstruction de notre vignoble avec les vignes greffées et les producteurs directs. II y a cinq ans , les avis des viticulteurs étaient encore partagés entre ceux qui voyaient le salut de la viticulture dans les hybrides et les autres qui disaient que le greffage sera notre seul remède; les hybrides c'est la peste disait un viticulteur très estimé. Aujourd'hui c'est autre chose. Tout le monde, même ses plus grands ennemis, laissent aux hybrides leur valeur. Nous ne sommes toujours posés cette question; certains hybrides franco-américains ne pourraient-ils pas jouer le rôle d'assurer contre les intempéries ? C'est la question que déjà s'était posée Chrétien Oberlin de Beblenheim, autrefois président de notre section. II a résolu la question de la façon la plus heureuse par des croisements répétés de Riparia avec le Gamet. Déjà en 1876, notre défunt maître Chrétien Oberlin a commencé l'hybridation des vignes. Partant de l'idée que notre riesling mûrit trop tard, il a fait des croisements avec des raisins précoces. Oberlin connaissait parfaitement les avantages des vignes américaines, leur résistance au phylloxéra et au péronospora. Mais, il était trop consciencieux pour en faire venir en fraude. Après de longs et difficiles pourparlers, il eut en 1884 la permission de faire venir des pépins de riparia et de les semer. En 1892, il put exécuter l'hybridation alsacienne-américaine. C'est de cette façon que furent créées 4 631 espèces jusqu'à fin 1912".

Pour René Beyer[4], les hybrides sont également la solution :"Vous savez tous combien je me suis acharné à cette question, surtout à partir de ce moment où l'omnipotent professeur boche[5] Paul Kulisch nous a mis des bâtons dans les roues quand il le pouvait, et qui a si sournoisement dénigré l'œuvre de notre regretté Oberlin et qui a coupé tout avenir à nos hybrides. II a cherché à anéantir ce beau travail, parce que c'était un effort alsacien, auquel il ne voulait pas accorder la gloire. C'est pourquoi je me suis mis à l'oeuvre avec Burger et Kulhmann et nous sommes arrivés à contredire les assertions mensongères de Paul Kulisch. Ceci s'est passé il y a neuf ou dix ans et les viticulteurs qui nous ont suivis n'ont pas regretté. Mon but était de rechercher à côté de la résistance contre les maladies cryptogamiques la qualité et un bon rendement [...] Je peux vous dire par expérience que les nouvelles espèces de producteurs directs produisent une qualité toujours meilleure, qui n'est plus à comparer à celle du début. Je crois pouvoir vous donner le conseil de greffer, dans l'avenir, tous les plants, les hybrides aussi naturellement sur des souches appropriées à cause du phylloxéra et parce que les vignes greffées apportent de plus beaux raisins et ont une meilleure végétation"

Preiss-Henny de Mittelwihr complète ce raisonnement "Mon désir aujourd'hui n'est pas de défendre les hybrides, je ne veux convertir personne. Le viticulteur, qui a assez de persévérance et de main d'œuvre pour arroser ses vignes quatre ou cinq fois, sans toutefois oublier les soufrages, les travaux du terrain; la fenaison, les travaux agricoles, celui qui a du courage et la main d'œuvre à sa disposition pour arriver au bout de sa besogne dans l'espace de six semaines quand il fait beau, quatre quand il pleut, à celui-là je lui conseillerai de continuer la plantation de nos anciens et bons cépages. Aux autres, soit la plus part de notre population viticole, je dirai d'essayer la plantation des hybrides, car en eux gît l'avenir de la viticulture ... Le mot d'ordre de l'ancien régime était quantité, le mot d'ordre sous le régime français est qualité. Les hybrides n'excluent pas une culture de qualité, au contraire, ils l'activent. Si, disons nous ne sommes plus forcés de tant arroser, nous ne pourrons que mieux soigner nos bonnes expositions qui sont implantées de gewurztraminer, riesling, tokay ou pinot ..."

Joseph Salzmann annonce une nouvelle ère pour la viticulture, "seuls dans mon vignoble les hybrides producteurs directs donnent le rendement que je dois attendre de mes vignes pour en réaliser un bon bénéfice".

En 1919, les syndicalistes se prononcent encore nettement pour les hybrides, certes ils en connaissent les limites et savent que ce n'est pas une solution à long terme mais qu'à court terme c'est pour eux l'unique moyen pour sauver ce qu'il reste à sauver quitte a ensuite tenter de renouer avec des vins de qualité.

B) Incertitudes et affrontements.

Deux points de vue s'affrontent alors : les hybrideurs et les autres qui pensent que l'avenir du vin d'Alsace est surtout aux vins blancs de grands crus vendus non pas en fûts mais en bouteilles et portant la garantie d'origine du producteur.

Les partisans ont chacun leurs arguments et les font savoir : ainsi A. Perbos écrit une lettre ouverte qui paraît en mai 1924 dans la revue des hybrides : " Ainsi vous voilà désemparé, parce que vos hybrides ne vous ont pas donné, cette année, la grosse récolte que vous étiez accoutumé à leur voir, parce que les quelques milliers de racines dont vous espériez tirer profit ne se sont pas ou mal vendus. Hommes de peu de foi et aussi de peu de mémoire. Voici, vous n'avez pas oublié vos déboires de jadis, vos imprécations contre les mauvais cépages dévorés de maladies et vos lamentations désespérées devant les interminables rangées que le mildiou avaient dépouillé de leurs feuilles et le black-rot de leurs fruits. II a suffi de quelques années de soleil et de bonnes récoltes pour faire pardonner à nos viniferas la tare indélébile qui les ronge et qui, tôt ou tard, reparaîtra plus affreuse que jamais...".

Ca et là, des voix se font entendre pour affirmer qu'en combattant efficacement les maladies on arrive à maintenir les vignes. Au même moment, des initiatives vont dans le sens de l'accroissement qualitatif de la production et de la délimitations des aires de production. On s'inspire des normes bourguignonnes qui interdisent d'appeler vin de bourgogne les vins issus de raisins hybrides. Le directeur de la station œnologique d'Angers qui connaît bien l'Alsace pour y être venu à de maintes reprises lance un appel pour la mise en place d'un vignoble de qualité, "parce que l'Alsace s'intègre en France, premier producteur de vin de qualité au monde, et que ses vins ne pourront rivaliser que s'ils sont de qualité".

Un rapport de J.F Ravat dans les vins d'Alsace de 1931, précise l'influence négative des mauvais vins issus d'hybrides pour le vignoble alsacien et son rapport avec la crise de surproduction.

Attention, il serait trop facile de faire croire que le vignoble est coupé en deux. De nombreux syndicalistes sont conscients des faiblesses des producteurs directs mais ils ne peuvent pas proposer une autre solution à leurs adhérents. De plus, pour des raisons politiques et surtout électorales, il est préférable de ne pas se mettre à dos les vignerons qui ne sont pas prêts à sacrifier les quelques récoltes issues de leur vignes hybrides. D'autre part, le phylloxéra continue à faire peur, il est encore redoutable et fait ça et là de furtives apparitions. Chaque vigneron se documente et possède chez lui des brochures vantant les mérites de tel ou tel producteur direct. Les vendeurs de boutures présentent sans cesse de nouveaux produits et les vignerons cèdent aux sirènes d'une nouvelle prospérité. Les doutes demeurent mais il va bien vite falloir choisir ...

II) A partir de 1920 : Le renouveau

Dès 1925, l'Association des Vignerons Alsaciens s'engage à promouvoir les cépages traditionnels. "II est possible de vivre de la vigne à condition d'abandonner les cépages productifs et de revenir aux cépages traditionnels. Si en 1919, il semblait que seuls les hybrides étaient capables de sauver le vignoble alsacien, très vite les vignerons se rendent compte que les vins d'hybrides sont très médiocres et sont en concurrence avec les vins du midi".

Ces constatations donnent à réfléchir aux vignerons et partisans de l'hybridation.

De plus, les vignerons doivent admettre que la vigne idéale capable de résister aux maladies cryptogamiques, au phylloxéra, aux vers n'est qu'un mythe. L'hybride est loin d'avoir comblé les espérances des vignerons. En effet, très peu de vignes hybrides ont une bonne résistance aux maladies, à part les plants américains eux-mêmes et quelques hybrides très proches. Beaucoup de vignes hybrides doivent être traitées de la même façon que les vignes greffées.

A) Les acteurs de la reconstruction

- La revue professionnelle "Les Vins d'Alsace". Créée en 1919. En 1926, son comité de rédaction est composé de

R. Beyer, Président d'honneur de l'AVA.
A. Walter, Président de l'AVA
L. Rieder, Chef de la répression des fraudes en Alsace
P. Greiner, Président du Syndicat des négociants en vin du vignoble alsacien.
G. Burger, Directeur de I'AVA
J. Salzmann, vice-président de I'AVA
D. Irion, Propriétaire - Viticulteur
J. Cattin, Propriétaire - Viticulteur
F. Oberlé, Propriétaire - Viticulteur
L. Hausherr, Gérant du journal

Le Syndicat des Négociants en Vins et Viticulteurs du Vignoble Alsacien. 

Crée en 1919 par M. Greiner.

L’Association des Vignerons Alsaciens. 

Elle s'engage dès 1925 à promouvoir les cépages traditionnels. Son président, Gustave Burger élu député en 1924 démissionne et est remplacé par M. Edmond Sick.

La Direction des services agricoles et en particulier le Directeur régional de l'Agriculture.

La Chambre d'Agriculture

Les Présidents des différents syndicats viticoles locaux.

Le Syndicat de défense permanente contre les ennemis des cultures du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. 

Créé en 1929 par MM. Eberlin et Haeusser directeurs des services agricoles, présidents René Beyer et A. Walter.

La station de recherches agricoles, viticoles et oenologique d'Alsace à nouveau ouverte en 1927 à la demande de l'Association des Vignerons Alsaciens. Elle devient le Centre de Recherches agronomiques d'Alsace dirigée par M. Ménéret, ses missions sont la mise en place des avertissements agricoles, de cours de taille, de greffage et de mode de conduite.

La station œnologique de Colmar est dirigée par MM. Percher et Schwartz.

La station de recherches viticoles de Laquenexy crée en 1902 est placée sous la direction de la station de recherches agronomiques de Metz et sous le contrôle du Ministère de l'Agriculture.

L'institut viticole de Colmar est transféré en 1927 de la route de Wintzenheim à son emplacement actuel.

Des propriétaires - vignerons, citons ici Emile Hugel qui dès 1925, s'est lancé avec passion dans la lutte contre les producteurs directs.


B) Un nouveau vignoble

"Aucun vin n'a droit à l'appellation d'origine s'il ne provient pas de la région qui lui donne son appellation et s'il n'est pas issu de cépages recommandés et d'une aire de production référant à des usages locaux, loyaux et constants". Loi Capus, 27 juillet 1927 [6].

Le changement est en route, les nouvelles directives mènent tout droit vers un nouveau vignoble. A partir de 1931, les rendements sont limités, le système du blocage et la distillation obligatoire sont mis en place en Alsace. Les ventes doivent être échelonnées car la concurrence des vins algériens et du midi font baisser les prix.

Une version idéale du vignoble alsacien est présentée en 1936 par Hartmeyer, président du Syndicat viticole de Colmar est intitulée : Mutation vers la qualité, le commerce, et la publicité pour les vins d'Alsace.

"De suite après 1918, lors de la première session du Weinbauverband, plusieurs hommes insistent sur le fait que le futur du vignoble alsacien ne pourra être que dans la qualité. La plupart des vignerons œuvrent dans ce sens, les hybrides et les cépages à très fort rendement sont relégués au second plan et remplacé par des cépages nobles. Chaque vigneron qui peut être fier de soi, est fier de présenter un Riesling, un Tokay, un Gewurztraminer ou encore un Auxerrois. Mais à côté de la mutation des plantations et de la culture de la vigne, il fallait également qu'il y ait une complète mutation de la vinification des vendanges jusqu'à la commercialisation. Si la vinification aujourd'hui est toute différente, c'est grâce aux cours suivis par les vignerons à l'école de Rouffach. Mais tout cela n'alla pas de soi surtout dans une période de surproduction et de crise. Une propagande intensive et multifacette fut nécessaire pour faire connaître les vins d'Alsace, par l'intermédiaire de Foires aux Vins, des Concours agricoles de Paris. En 1933, le premier film publicitaire est tourné, il est présenté pour la première fois le 14 avril 1934 à Sélestat ..."

En mai 1936, Colmar est choisie pour accueillir la Quatrième Fête nationale des Vins de France. Durant quatre jours ont lieu une succession de banquets, concerts, exposition dégustations, bals en présence du Président Lebrun, de ministres, généraux, sénateurs, députés, préfets, industriels. Des délégations de toutes les provinces de France vont des tours dans les vignobles du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, un cortège historique de 23 chars marque le point d'orgue des festivités [7].

Pourtant malgré les efforts et les sacrifices, les vignerons alsaciens ne sont pas au bout de leur peine, en 1937, une crise grave touche l'ensemble du vignoble français et en 1938 des vins de Bordeaux blancs sont vendus à bas prix sous le nom type Alsace. La marche vers la reconnaissance est encore parsemée d'embûches et d'épreuves. Certains leaders du vignoble deviennent de véritables agitateurs et n'ont de cesse de faire admettre la qualité du travail des vignerons alsaciens.

La reconnaissance semble enfin venir en 1939 avec le début de la mise en place du statut des Appellations d'Origine Contrôlée. Mais les événements ont auront décidé autrement et la sombre parenthèse qui s'installe pour quelques années ne favorisera pas les efforts fournis au cours des années 1920 et 1930.

Les vignerons continuent à lutter contre les maladies de la vigne mais sont mieux préparés et mieux équipés. Les produits chimiques et les instruments sont plus accessibles mais restent chers [8].

Les travaux du sol et le désherbage occasionnent une somme de main d'œuvre considérable et quand se rajoutent dès le printemps les nombreux sulfatages et soufrages, peu de vignerons ont le temps et les moyens d'effectuer suffisamment de traitements. Et pourtant, il est nécessaire de faire face. De nombreuses photographies et les premiers films nous montrent des jeunes filles à l'ouvrage portant sur leur dos des pulvérisateurs de plusieurs dizaines de kilos. Certains produits peuvent même être très toxiques, la nicotine et l'arsenic restent présents dans les mémoires et ont une sinistre réputation chez nos aïeux. Mais ce sont surtout les techniques de greffage et l'amélioration des cépages qui ont bouleversé les habitudes [9].

De nouvelles vignes sont apparues, la culture devient plus rationnelle, les rangées plus droites et palissées, beaucoup peuvent être labourées, les vignes sont rajeunies et replantées. Une nouvelle génération de vignerons grimpe à l'assaut des collines, le travail est toujours aussi fastidieux et nécessite l'emploi d'un grand nombre de personnes.

La lutte n'est pas finie, au contraire, la bataille devient mondiale, les industries chimiques vont (malheureusement) s'emparer du problème et proposer des solutions chimiques et technologiques ...

II semble alors loin le temps où l'on envoyait les enfants récolter les petites bêtes dans les vignes et pourtant au cours de la seconde guerre mondiale par manque de produits, les vignerons ont à nouveau eu recours pour un temps à cette méthode ancestrale. Sans grande efficacité, il faut avouer mais très distrayante pour les gamins et gamines qui au lieu de rester à apprendre leur grammaire pouvaient courir dans les vignes.

La suite dans le Chapitre Conclusion 



[1] Cette phrase a été choisie par Chrétien Oberlin pour préfacer son ouvrage intitulé, La dégénérescence de la vigne cultivée, ses causes et ses effets, solution de la question phylloxérique, 1881

[2] 1903 Loi sur la réglementation du sucrage. 1905 Protection des Appellations d'origine et création d'un service des fraudes. 1921 Une loi limite l'ajout de sucre à 1/10éme du volume total, alors qu'en Alsace la pratique courante était de rajouter 115éme. Le coupage composé de 51% de vin d'Alsace avec 49% d'autre vin est couramment vendu comme du Vin d'Alsace, alors qu'en France depuis 1824, l'attribution d'une provenance géographique autre que celui du lieu de fabrication est interdite. le 25 août 1921, la pratique du coupage à 49% est également supprimée.

[3] Louis Boll, compte-rendu "L'avenir de la viticulture en Alsace" dans le Paysan du Haut-Rhin, n045, 22.2.1919

[4] René Beyer issu d'une famille de propriétaires à Eguisheim était conseiller d'arrondissement et membre fondateur de l'association des viticulteurs d'Alsace. Il était également président du syndicat viticole d'Eguisheim de 1911 à 1941 voir N.D.B.A, t.3, 1983, p209.

[5] La phrase de Jules Guyot que nous avons cité plus haut prend ici tout son sens !

[6] Joseph Capus est professeur d'agriculture à Cosne et était le créateur de la première station d'avertissement agricoles, député de la Gironde en 1919, ministre de l'agriculture dans le deuxième cabinet Poincaré en 1924.

[7] Lucien Sittler, la viticulture et le vin de Colmar à travers les siècles.

[8] Les stations d'avertissement agricoles donnent le signal de la lutte, les maladies de la vigne les plus souvent rencontrées sont le mildiou, l'oïdium et les vers de la grappe (cochylis et eudémis). Les traitements sont appliqués de fin mai à fin juillet. Plus de quatre traitements curatifs et préventifs s'échelonnent sur cette période. Pour combattre le mildiou, les vignerons ont recours à la bouillie bordelaise associant de l'eau, de la chaux et du sulfate de cuivre. Contre l'oïdium, les vignerons ajoutent du soufre à la bouillie bordelaise et pulvérisent du soufre en fleur sur les vignes.

[9] De nombreux vignerons ont été formés aux techniques du greffage, la difficulté réside dans le choix du porte-greffe car il faut qu'il soit résistant au phylloxéra mais aussi adapté au sol. Le principal problème est l'état sanitaire des greffons, de nombreux pépiniéristes amateurs rencontrent des difficultés pour élaborer des greffons indemnes de toute contamination.