La fabuleuse histoire du Tokay Pinot Gris

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Je vais vous parler de VIGNE et de VIN, il s’agit là de mon univers naturel puisque je suis fille de vignerons. 

Il se trouve que le TOKAY/PINOT GRIS est le CEPAGE préféré de mon papa, Frédéric BRONNER vigneron et tonnelier à Hunawihr (ici aujourd’hui et à qui je dédie cette présentation)

 

Je dois vous avouer que pour ma part, je n’étais pas particulièrement séduite par ce cépage que je trouvais souvent trop sucré.Mais mes récentes dégustations préparatoires à cette conférence m’ont totalement réconciliée avec le Pinot Gris. 

Me voilà rassurée du côté gustatif mais pas encore en grande confiance du côté historique 

 

Eh bien, figurez-vous que par un heureux signe du destin TOKAY porte le nom d’une ville située au confluent de deux rivières[2]Il s’agit de la ville hongroise de TOKAJ dont le nom signifie justement CONFLUENCE [3]

 

 

Tokaj au XVIe siècle, gravure de Georg Hoefnagel, 1595

 

 

 

Nous voilà donc placés à la CONFLUENCE d’une fantastique aventure…sous l’INFLUENCE de Lazare de Schwendi « acteur principal, volontaire et involontaire de l’aventure » qui nous réunit ce soir. 

 

 

 


 

La fabuleuse histoire du Tokay / Pinot Gris

« Entre Confluences et Influences »

 


Tokay- Pinot Gris : De quoi s’agit-il ? 

Il s’agit du nom donné à un cépage et à un vin en Alsace entre le 16ème et le début du 21èmesiècle. Une légende prétend que vers 1565 des plants de vigne auraient été rapportés de Hongrie par le Général Lazare de Schwendi, qui servait alors le Saint-Empire dans sa guerre contre l'Empire ottoman. Propriétaire de terres dans le pays de Bade et en Alsace, Schwendi aurait ordonné de multiplier ces plants à Kientzheim en souvenir de la bataille de Tokaj, peut-être dans l'espoir de produire l'équivalent du tokajihongrois (un vin liquoreux très cher). 

 

1.    La création du mythe  

 

Le héros : Lazare de Schwendi  

 

Lazare de Schwendi est né en juin 1522 à Mittelbiberach en Souabe. Fils illégitime de Ruhland de Schwendi et d’Appolonia Wenken, sa servante, il est légitimé par Charles-Quint le 3 août 1524. Au décès de son père, le jeune Lazare est confié à la ville impériale de Memmingen qui en assure la tutelle. Schwendi intègre l’université de Bâle en 1528, il y côtoie de nombreux humanistes et est le témoin du passage au protestantisme de la cité. Schwendi poursuit ses études à Strasbourg où il fréquente la Haute Ecole qui venait d’être fondée par Jean Sturm. Entre 1540 et 1545, Schwendi voyage. 

Illustration : Lazare de Schwendi, baron du Hohlandsbourg

 

En 1546, Lazare entre au service de l’Empereur Charles Quint, qui lui confie de nombreuses missions guerrières et politiques, le jeune homme s’illustre au combat et devient ambassadeur impérial. Dans le même temps, Schwendi devient bailli de Breisach et fait l’acquisition de nombreuses propriétés des deux côtés du Rhin. En 1563, Schwendi devient propriétaire, de la seigneurie de Hohlandsberg avec la ville de Kientzheim et son château, les villages de Sigolsheim, d’Ingersheim, de Katzenthal et de Logelheim, ainsi qu’une partie des localités de Niedermorschwihr, de Wintzenheim, d’Ammerschwihr et de Turckheim. 

 

L’élément fondateur : Le siège de Tokaj en 1565

 

File source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tokaj_bev%C3%A9tele_1565.jpgIllustration : Le siège de Tokaj, 1565, Gravure de Abraham Ortelius   

WAHRE CONTER FACTVR DER VOeESTVNG TOCKAY IN OBER VNGERN WIE DIE HERR SHWENDI EROBERT, AN(n)O. 1565. 

 

 

« La vraie reproduction (contrefacture=simulation) de la fortification de Tockay en Haute Hongrie telle que l’a conquise le Général SCHWENDI en l’année 1565 »

 

En 1564, Schwendi est nommé par l’Empereur Maximilien "chef suprême de tous les hommes de guerre allemands"contre le danger turc[4]. Le 22 décembre 1564, Schwendi part de Vienne à la tête d’une armée de 8 000 hommes et se rend en Hongrie, il combat contre le Voïvode Jean Sigismond Zapolya ainsi que les Turcs alliés à ce dernier. 

«Le 1 février 1565, Lazare de Schwendi prend d'assaut la place forte de Tokay et s'empare d'un large butin dont 4 000 fûts de vin du cru»[5]. La légende populaire a gardé en mémoire ce haut-fait. Schwendi, à qui l'on a donné le titre de "Père du vin de Tokay d'Alsace" a-t-il réellement ramené de Hongrie et implanté pour la première fois à Kientzheim le cep de la vigne de Tokay ? Rien ne permet de l’affirmer, d’autant plus que nous ne savons pas de quel cépage il s’agissait.

LeFurmintqui est aujourd’hui un des cépages à la base du célèbre vin tokajin’était pas encore très développé dans la région de Tokay au XVIesiècle. Il est intéressant de savoir que les moines cisterciens ont dès le XIIIesiècle introduit en Hongrie[6], le Pinot Gris. Ce cépage d’origine bourguignonne est appelé en Hongrie Szürkebaratou Moine grisen hommage aux robes de bure des moines cisterciens. Schwendi l’aurait-il découvert lors de son séjour ? Mystère…  

Nous savons cependant que c’est justement au moment même où Schwendi arrive en Hongrie que la méthode de fabrication des vins type tokajis’y développe. L’idée de Schwendi aurait donc plus été de s’inspirer des méthodes de vinification hongroises[7]et de rapporter de son long séjour de trois ans, le savoir-faire viticole de cette région du nord-est de la Hongrie.

À partir de 1568, Schwendi revient en Alsace et réduit ses activités diplomatiques pour se consacrer à la bonne gestion de ses domaines. En 1573, Schwendi devient prévôt impérial de Kaysersberg et s’implique dans le commandement des territoires de l’Empire en Alsace. Schwendi se passionne pour la culture de la vigne et rend d'inestimables services aux vignerons de ses seigneuries. 

Le Chanoine Emile Papirer, a longuement évoqué  « Schwendi et le Vin » [8]dans ses publications. Ainsi, nous apprenons que Schwendi à peine arrivé à Kientzheim, fait remettre en culture dans un délai de cinq ans des vignes et des terres laissées en friche. Il veille à ce que l’ensemble du vignoble de Kientzheim soit délimité par de nouvelles pierres bornes. Préoccupé par l’installation d’une monoculture viticole, Schwendi fait la promotion de la polyculture auprès des vignerons « car en des années de mauvaise récolte vous serez acculés à la pauvreté et à la misère et livrés aux usuriers» et exige que ses sujets reviennent à l’ancienne pratique de planter la vigne de préférence sur les collines et de garder les champs et les prés de la plaine pour les travaux de l’agriculture. 

Schwendi empêche la spéculation étrangère sur les biens des vignerons appauvris qui ne peuvent plus procéder à aucune vente de biens sans en avoir avisé le bailli, le prévôt et le conseil de justice. Il demande aux vignerons de ne plus travailler à la tâche dans les vignes des étrangers, ni céder à ceux-ci le fumier nécessaire à l’engraissement des terres. 

Schwendi met en place des mesures de développement commercial et de soutien à l’exportation, comme l’installation d’un service de bac sur le Rhin entre l’Alsace et Burkheim. Ce qui devait faciliter le commerce notamment de ses propres vins. 

Schwendi peut donc à juste titre être considéré comme le défenseur des vignerons. A de nombreuses reprises ceux-ci font appel à lui comme le 31 octobre 1579 quand les représentants des communes de la seigneurie de Hohlandsberg lui adressèrent une lettre, dans laquelle ils lui exposaient en toute confiance leurs difficultés d’ordre professionnel et financier. 

 

L’historien Georges Bischoff nous propose une analyse plus approfondie du personnage qui nous permet de comprendre pourquoi ce dernier a laissé une empreinte forte dans la région :« Le rapprochement des contraires s’incarne dans la figure du général Lazare de Schwendi, dévoué à la Maison d’Autriche, à laquelle il doit toute sa carrière. Son christianisme vient doubler son patriotisme allemand. Dès 1554 aux Pays-Bas, son régiment dispose d’un aumônier « évangélique; en 1568, en Hongrie, il préside un synode protestant. Il n’en reste pas moins fidèle à sa foi catholique. Dans ses armées, ses capitaines et ses soldats ne peuvent se soustraire à la messe ou au culte ; les sujets de ses terres sont astreints à une vie morale exemplaire. Depuis sa résidence alsacienne de Kientzheim, il est en relation directe avec l’empereur Maximilien II : il est à la fois son expert militaire et l’un de ses conseillers les plus influents – mais il préfère de loin ses campagnes à la fréquentation de la cour. En Alsace, son rôle va bien au-delà de ses fonctions protocolaires de bailli impérial de Kaysersberg. Ainsi, il n’hésite pas à nommer un prévôt protestant dans la petite ville catholique de Turckheim. Mieux, c’est grâce à son intervention que les bourgeois de la ville et de la vallée de Munster peuvent valider leur adhésion à la Réforme au terme d’un très long contentieux avec l’abbé bénédictin du lieu et avec le préfet impérial de Haguenau. Le « Traité de Schwendi » qui permet de normaliser la situation en 1575 va instaurer un équilibre durable puisque la coexistence entre la vieille abbaye et la communauté de sa vallée se poursuivra jusqu’à la Révolution française. Dans la cité impériale de Colmar, la plus importante des dix villes qui constituent la Décapole alsacienne, c’est encore la proximité de Schwendi qui facilite le glissement du catholicisme officiel vers une Réforme modérée. »[9]

La popularité conservée par Lazare de Schwendi tient donc autant de la légende suivant laquelle il est à l’origine du cépage de Tokay que de sa personnalité véritable[10]

 

Illustration : Dalle funéraire de Lazare de Schwendi (à droite) et de son fils - à voir en l’église de Kientzheim.

 

 

Lazare est décédé le 27 mai 1583 et selon son vœu est inhumé dans l’église de Kientzheim. Les magnifiques pierres tombales de Lazare de Schwendi et de son fils y sont très bien conservées.


 

2.    L’histoire mouvementée d’un vin d’Alsace

 

L’histoire du Tokay/Pinot Grisnait au cœur du XVIesiècle. L’historien Claude Muller reprend dans son ouvrage de référence L’Alsace une civilisation de la vigne du VIIIesiècle à nos jours[11],la célèbre description du vignoble alsacien que le géographe et cartographe Sébastien Munster a publié en 1543 dans sa Cosmographie Universelle.« Quant à la fertilité de cette région, on pourra facilement connaître combien elle est grande parce qu’en cette contrée si étroite, il y croît tous les ans une si grande quantité de vins et de blés, que non seulement les habitants qui sont en grand nombre en ont assez pour leurs provisions, mais aussi il en reste si grande quantité que même tous les voisins en ont leur part abondamment. Car le bon vin, qui croît en ce pays d’Alsace, est porté par voiture continuelle et quelquefois aussi par eau en Suisse, Souabe, Bavière, Lorraine et jusqu’en Angleterre. »

Tout semble donc aller bien dans le vignoble alsacien en ce milieu du XVIesiècle. Cependant, déjà en1520, la « Rebbordnung » de Ribeauvillémentionne des sources de conflits importantes liées à l’achat massif de vignes par des étrangers (notamment des Strasbourgeois !) et les difficiles relations entre les campagnes et les villes. Les cépages ne sont pas encore détaillés, ne sont mentionnés que : « raisins blancs, raisins nobles et raisins communs » 

En 1525, la guerre des Paysans porte un grand coup social dans le vignoble, des milliers de vignerons qui se levés contre les autorités sont tués ou sévèrement sanctionnés.

Jusqu’en 1540, le Kaufweinle vin d’exportation se produit assez facilement chaque année, le climat est favorable, le Rhin est un couloir à vin et les cols vosgiens facilitent le commerce avec les abbayes lorraines. 

Lentement à partir de 1550, les mauvaises récoltes vont se succéder car les aléas climatiques sont nombreux. La tentation de planter des cépages de plus gros rendement est grande. Et l’on commence à retrouver la mention des cépages afin de mieux les identifier.

Ainsi, Jérôme Bock, mentionne en 1551 dans son Krauterbuchdifférents cépages : « muskatell, traminer, riesling, kléber (clevner), grünfränkirch, Schwarzlampers, Lombardisch… »

On retrouve ici pour la première fois mention du cépage kléberou clevenerqui est utilisé dans notre région pour décrire des cépages de la famille des pinots. Il s’est longtemps raconté que l’origine du nom « clevener » proviendrait de la ville nord-italienne de Kleven ou Chiavenna et que mercenaires suisses germanophones auraient ainsi nommé le cépage à leur retour au pays. Mais, ce terme est plus ancien car on retrouve la mention Clauenerou Klebrothsoit Pinot Noirdès 1318 dans les archives de l’abbaye impériale cistercienne de Salem, édifiée aux environs du Lac de Constance.[12]

Comme je l’ai déjà mentionné, ce sont les moines cisterciens qui à partir de leur développement européen au XIIIesiècle vont introduire la famille des Pinots en Allemagne, Suisse, Autriche et en Hongrie. Ces cépages bourguignons porteront des noms différents, ce qui a compliqué les recherches ampélographiques. Les origines des cépages ont ainsi longtemps étés soumise à des légendes tenaces. Grâce aux travaux récents complétés par des analyses ADN l’histoire des cépages est aujourd’hui mieux connue.

Dès 1575, le Magistrat de Riquewihr publie dans son « Ordonnance sur la viticulture » la liste des cépages autorisés : « Avec l’autorisation de la Régence Princière de Wurtemberg, nous avons décrété que sous peine d’amendes prévues personne, ni bourgeois, ni étranger n’ait l’audace de planter dans la banlieue de Riquewihr d’autres cépages que ceux mentionnés ci-après : Gentil blanc, Gentil rouge, Muscat blanc et rouge, Pinot blanc, rouge et gris, Lampersch ou Lombard. Les autres cépages quels que soient leur nom sont formellement interdits». Il s’agit là de la première mention du cépage Pinot Gris, considéré comme un cépage noble et cultivé en Alsace vraisemblablement depuis le XIIIesiècle.

Au début du XVIIesiècle, l’Alsace entre dans une période difficile : tensions religieuses et sociales, difficultés économiques et devient une proie facile.En 1618, éclate en Bohême un conflit entre catholiques et protestants qui s’étend à tout l’Empire et atteint l’Alsace en 1621.  La région devient un des principaux champs de bataille de la guerre de Trente ans. Terreur et misère, pillages et destruction se succèdent jusqu’en 1640. 

Au moins la moitié de la population des campagnes a disparu. Il faut faire appel à des nouveaux venus qui vont relancer l’économie viticole mais qui n’ont pas le savoir-faire des anciens. Afin de veiller à la qualité des cépages plantés, de nombreux règlements sont édictés. Ainsi, en 1630, à Riquewihr, le bailli seigneurial des Wurtemberg fit savoir au magistrat de la ville qu’à Ribeauvillé le comte de Ribeaupierre avait ordonné à tous les habitants d’arracher les pieds de vigne dits « vulgaires ». Et le bailli exhorte le Magistrat de Riquewihr de ne pas relâcher sa vigilance car « ici plus qu’ailleurs» il faut maintenir la qualité du vignoble. Il rappela que seuls les cépages suivants étaient autorisés à Riquewihr : « le chasselas blanc et rouge ; le muscat ; le pinot blanc, gris et rouge. [13] »

 

 

 

Vers 1640, apparition du nom Tokay  

Pour contenter une nouvelle clientèle française, de nouveaux cépages sont introduits. Dans les livres de compte de la seigneurie de Ribeauvillé, on trouve au début des années 1640 mention des cépages suivants : « muscadeller ; traminer ; riesling ; gutedel ; tokay ». C’est la première mention de cépage que l’on retrouve à nouveau cité en 1644, à Riquewihr. En effet, dans la cité wurtembergeoise l’ordonnance sur la viticulture de 1575 est confirmée et renforcée avec trois mentions de nouvelles sortes de cépages récemment introduits : « le Lausanne, le Riesling et le Tokay (importé de Hongrie)considéré comme ni un bon ni un mauvais cépage, comme il n’y a pas encore de vignerons assez expérimentés pour planter cette espèce en quantité, on y avisera plus tard». Cependant, la mention Tokay n’est pas systématique ainsi en 1650, le Magistrat de Colmar permet de rétablir « les plantations qu’il a fallu raser pendant la guerre pour dégager les approches de la place, à charge de n’employer que les bons cépages ; rothenburger, weiss, roth et grau claeffner, gentil, rüschling »[14]

Médard Barth nous apprend dans Der Rebbau des Elsass[15], qu’une carte d’encépagement des vignes conduites par les moines Capucins du Couvent de Weinbach à Kientzheim a été établie en 1750. Voici ce qu’on y trouve entre autre : « 500 pieds de toquer»[16].

C’est grâce à Guillaume Faudel, auteur en 1789 d’une remarquable thèse de médecine sur la viticulture à Riquewihr que nous en savons plus sur le « Grauklebner, auvernas gris, gris commun, rulander: qui se distingue par les grappes de couleur lie de vin par les feuilles qui ne sont jamais teintées de rouge, plus lisses et possédant la plupart trois lobes ; une variété est désignée du nom de tockayer-trauben »mais Faudel n’y voit pas de différences, à part un murissement plus précoce, des peaux plus fines et une teinte plus bleutée.

Le vigneron et gourmet Jean-Michel Ortlieb établi en 1789 un inventaire des cépages dans son mémoire au Duc de Wurtemberg. Il écrit qu’on peut acheter des plants de Tokayer.En 1823, Lefèvre écrit au sujet des vins de Ribeauvillé : « Le Tokay et le Muscat sont la base du vin fin de ce pays». La dénomination Tokay-Tokayerest également attestée en Alsace par des étiquettes de 1852 et 1862 témoignant d'usages locaux et constants.

 

 

3.Le Tokay d’Alsace 

 

Pourquoi le terme Tokay l’emporte-t-il ?

 

Que s’est-il donc passé à partir de 1640 ? Pourquoi, le terme Tokayer est-il apparu ? 

Est-ce la notoriété de Schwendi qui reste forte ? Il est permis d’en douter, car après tant de guerres et de malheurs, le souvenir de Schwendi s’est estompé. S’agit-il d’une confusion suite à l’introduction effective d’un nouveau cépage venu de Hongrie, le Moine Gris(Pinot Gris) appelé Tokayer? Ou prend tout doucement l’habitude d’appeler le pinot gris d’un nouveau nom tokayerpour profiter de la renommée du mythique tokajihongrois ?  

Ce dernier étant devenu au XVIIesiècle un des vins liquoreux les plus prestigieux au monde, grâce à d’exceptionnelles conditions naturelles et à de nouvelles méthodes de vinification. L’image de marque des vins de Tokaj repose également sur l’imaginaire et les représentations, qui en font le vin de l’élite.  « Le tokaj donne de la vigueur à la moindre fibre de mon cerveau et ranime, au plus profond de mon âme, les étincelles enchanteresses de l’esprit et de la bonne humeur »écrivait Voltaire. Les légendes qui associent le tokajiaux tables des souverains ne manquent pas : le roi de France Louis XV aurait déclaré à Madame de Pompadour que le tokaj est « le roi des vins, le vin des rois»… Dès cette époque, l’aire de production des vins de Tokaj fut délimitée (1737) et ils firent l’objet du premier classement de crus de l’Histoire (1772). Par un phénomène d’imitation sociale, l’aristocratie, puis la bourgeoisie, les ont introduits sur leurs tables. 

Les vignerons alsaciens ne peuvent pas passer à côté de cet engouement. Ainsi, lors de l’Exposition Universelle de Londres en 1862, plusieurs viticulteurs de Ribeauvillé s’associent pour faire connaître leurs vins. De nombreux Tokay, Tokay-pinneau gris, Tokay-Gentil, Malvoisie… sont proposés à la dégustation. On retrouve notamment mention d’unTokay-Pinneau grisde 1825 de Favre et Jöranson, premier négociant à vendre tous ses vins en bouteilles[17]. Les vignerons de Ribeauvillé étaient également à la pointe de la promotion de leurs vins en France ainsi relate le journal local : « lors d’une réception préfectorale, les convives dégustèrent des Tokays blancs de Hongrie que tous trouvèrent forts délicieux. Chacun vantait les qualités de ce cru exotique lorsque le maître de maison leur apprit que ce nectar n’était autre qu’un vin de Ribeauvillé. Impossible de décrire l’étonnement que produisit cette révélation, il fallut l’exhibition de la lettre de voiture pour convaincre que le nord-est de la France eût l’heureux privilège de produire un tel vin ».

 

Une « Schwendimania » à partir du XIXesiècle.

 

L’usage du nom Tokay s’amplifie encore au XIXèmesiècle avec l’affirmation du mouvement romantique qui met à la mode les paysages et en particulier les ruines des châteaux forts, si nombreux en Alsace. Les élites colmariennes vont alors remettre à l’honneur Lazare de Schwendi, héros oublié du XVIesiècle. Ce dernier incarnant l’idéal chevaleresque, humaniste et hédoniste dont ils se revendiquent. 

Le magistrat et historien Philippe de Golbéry[18]fait l’acquisition du château de Schwendi à Kientzheim et est véritablement à l’origine d’une « Schwendimania » qui se propage dans les élites Colmariennes. Golbéry confie au peintre et lithographe colmarien Jacques Rothmuller, la mission de dessiner les principaux monuments d’Alsace dans un esprit pittoresque. Rothmuller « redécouvre » le Hohlandsbourg, l’autre château de Schwendi et participe ainsi à faire connaître les hauts-faits du baron Schwendi.[19]

 

Colmar, préfecture du Haut-Rhin entreprend de nombreuses actions pour promouvoir et défendre la viticulture en grande difficulté depuis que les maladies de la vigne sévissent. L’annexion de l’Alsace par l’Empire Allemand en 1871, verra également la mise en place de règlements très peu favorables aux vins d’Alsace concurrencés par des vins trafiqués. 

Entre 1871 et 1918, la langue officielle de la région devient l’allemand et le Tokay devient le « Grauer Tokayer ». 

File source: http://www.archi-wiki.org/Fichier:Place_de_l%27_Ancienne_Douane_Colmar_65394.jpgTous les spécialistes sont alors conscients que le Tokay et le Pinot Gris sont le même cépage. Le célèbre chercheur et ampélographe Oberlin signale en 1900 que « le Pinot Gris est également appelé Grauklevener, Tokayer, Rülander ». 

 

Dans ce contexte difficile, la belle légende du Tokay et de Schwendi va servir les intérêts touristiques et économiques locaux. C’est pourquoi, Georges Kern, président de la Société d’émulation et d’embellissement de Colmar commande au célèbre sculpteur Frédéric Auguste Bartholdiune sculpture en mémoire à Schwendi. L’œuvre rejoint le 15 septembre 1898, la fontaine érigée au milieu de la Place de l’Ancienne Douane.

 

Illustration : Colmar - La fontaine Schwendi, Statue de Bartholdi (1898)

 

La colonne porte les armes de Colmar, de Kaysersberg, de Kientzheim et de Schwendi. La sculpture met Schwendi victorieux en valeur brandissant aux yeux de tous les plants de la vigne de Tokay. 

Bartholdi, sans doute influencé par son grand-père maternel Beysser, viticulteur et maire de Ribeauvillé, a réalisé deux autres œuvres en lien direct avec la viticulture alsacienne. En 1869, le petit vigneron offert par le Gouvernement français à la ville de Colmar pour décorer la fontaine des halles du nouveau marché couvert. Et en 1902, la statue du Tonnelier installée sur le pignon de la maison des têtes qui abrite la bourse aux vins. Les trois œuvres viticoles de Bartholdi témoignant de la richesse viticole de la région et assurant la promotion des vins d’Alsace.

 

1918 Le grand retour du « Tokay d’Alsace » 

 

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’Alsace redevient française et la mention de Tokay d’Alsace fait son apparition. En effet, suite à la signature le 4 Juin 1920 du " Traité de Trianon ", portant traité de paix entre la France et la Hongrie, l'article 210 engageait la France à renoncer à l'utilisation de dénominations déjà protégées par une appellation régionale et imposait à la Hongrie de s'abstenir de toute usurpation similaire qui visait notamment le Champagne et le Cognac.

Le 21 Décembre 1926, un accord commercial conclu entre les états Français et Hongrois portait interdiction de l'utilisation de la dénomination Tokaydans la distribution des vins d'Alsace. Cet accord n’a cependant pas été appliqué.

En 1936, Colmar accueille la 4emeFête des Vins de France et le programme officiel mentionne :  « Aux points de vue de la plénitude du corps et de la bonne conservation, le Pinot gris - couramment désigné comme Tokay d'Alsace - se range parmi les meilleurs crus de France et du monde. Sa composition chimique ressemble à celle du Riesling, mais il est un peu plus riche en alcool. L'appréciation des experts fournit la preuve, que le Pinot gris, ou Tokay d'Alsace, des bonnes années peut être conservé pratiquement à l'infini ; voir Hunawihr 1921, Riquewihr 1900 et surtout le grand cru du dernier siècle, à savoir le Hunawihr 1834. Les dégustateurs étaient tous étonnés d'y trouver une abondance de bouquet et de corps»[20]

Pour clôturer, cette grande fête, un grand cortège est organisé et le char numéro 11 du Syndicat viticole de Kientzheim s’intitule « Le retour de Schwendi » (1569).

« Après les 3 châteaux, le dicton énonce les 3 villes dans une vallée, villes de vin toutes les trois, l'une plus pittoresque que l'autre. Voici d'abord Kientzheim. Un des personnages les plus importants qui y passa une partie de sa vie fut le baron Lazare de Schwendi. Comme général de l'Empereur il lutta en Hongrie contre les Turcs, remporta de nombreux succès et apprit également à apprécier le vin lourd et parfumé de ce pays. En 1569 il rentre de ses campagnes. Son armure étincelle, le panache flotte au vent, Schwendi enlève le casque trop lourd, et il sourit, content de revenir en Alsace. Il est suivi des lieutenants et serviteurs dans leurs beaux costumes; parmi eux un groupe de Hongrois au regard noir et sauvage se fait remarquer ; ils portent une perche à laquelle sont attachés les fameux raisins de Tokay dont Schwendi ordonna la culture… »[21]

 

Après la deuxième Guerre Mondiale, l'ordonnance du 2 novembre 1945 crée « l'appellation d'origine Vins d'Alsace » et officialise l’usage du terme Tokay d’Alsaceen retenant les 7 cépages nobles : « Traminer, Pinot, Tokay, Riesling, Clevener, Muscat, Sylvaner ». 

En 1950, dans son grand chapitre consacré aux cépages, l’historien Médard Barth démystifie la légende selon laquelle Schwendi rapporta d’Hongrie le cépage Tokay.Médard Barth précise qu’il s’agissait probablement plutôt d’une mutation du Pinot noir en Pinot Gris, venu de France, encore dénommé « Grauburgunder» ou « Rulander». Il affirme avec véhémence que le droit de vendre du vin sous le nom de Tokay est basé sur aucune connaissance ampélographique sérieuse et « qu’il est scandaleux que ce faux Tokay soit encore vendu sous cette dénomination ».

 

Le romantisme du Tokay d’Alsacea cependant ses adeptes. En 1952, un numéro spécial de Saison d’Alsace édité pour le lancement de la Route des Vins d’Alsace en fait ainsi la promotion : « Tout le monde connaît l’illustre famille des Pinots fournissant les meilleurs vins de France. Quelques membres de cette lignée ont fait souche en Alsace et dans le pays on les appelle Clevener. Ce sont en général des personnages fort aisés, bien solides, parfaitement équilibrés, sans caractère spécial, le type même du bon mari pour mariage de raison. Le chef de la maison toutefois est un gentilhomme illustre, capiteux et corsé, gardant souvent devers soi quelques grammes de sucre restant, ce qui lui communique un velouté merveilleux combiné à une acidité agréable et harmonieuse. C’est un grand seigneur, d’un fruité discret et sans désinvolture, un bon vivant astucieux qui aime la bonne chère, le rôti succulent, la grosse pièce truculente et qui se complaît à prolonger les plaisirs de la table. Quel heureux compère, le gai et voluptueux Messire Tokay d’Alsace ! »

 

 

La question de l'usage abusif du nom tokaypar les vignerons alsaciens est finalement tranchée par la commission de Bruxelles suivant un règlement CEE 2164/80 du 8 août 1980 qui supprime purement et simplement la dénomination «  Tokay d’Alsace ». Pour nuancer ce règlement radical et suite à de nombreuses protestations, le règlement du 10 aout 1984 admet la dénomination « Tokay Pinot Gris » pour les vins produit en Alsace. 

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Cependant en 1993, un accord entre l’Union Européenne et la Hongrie organise l’interdiction de toute référence au Tokay s’agissant de vins qui n’en sont pas originaires. Il est alors acté qu’à partir du 1er janvier 1994, le terme de « Tokay d'Alsace» sera interdit et remplacé par « Tokay Pinot Gris» pendant un délai d'adaptation de treize ans jusqu'au 1er janvier 2007, puis par « Pinot Gris».[22]

Pour mieux comprendre l’issue juridique de cette querelle, il faut savoir que la notoriété des vins de Tokaj avait totalement décliné à l’époque des démocraties populaires. Mais qu’à partir des années 1980, suite aux investissements de grands groupes à capitaux étrangers, notamment des compagnies d’assurances françaises, le vignoble de Tokaj retrouve sa place parmi les meilleurs vins liquoreux du monde. Tous ces éléments expliquent le classement du vignoble de Tokaj au patrimoine mondial de l’Unesco en 2002 et la résolution favorable du contentieux en faveur du Tokaj hongrois.[23]


 

3.    L’aventurier Pinot Gris 

 

Ne soyez pas déçus …. Si la belle histoire du Tokay d’Alsace est aujourd’hui devenue une jolie légende l’aventure du Pinot Gris a largement de quoi nous séduire ! 

 

Comme je l’ai déjà évoqué, le pinot grisest originaire de Bourgogne où il est appelé pinot-beuroten référence à la couleur de la robe de bure grise des moines cistercien. Il est également connu sous le nom de Fromenteau. En Suisse allemande, ce cépage est appelé Grauburgunder, en Valais il s’appelle Malvoisie, empruntant ce nom à la vraie Malvoisie italienne qui était réputée pour ses vins doux. En Allemagne le Pinot Gris a été mentionné pour la première fois en 1711 dans le Bade-Wurtemberg sous le nom de Ruländer, du nom d’un collectionneur qui pensait avoir trouvé un nouveau cépage[24]. En Alsace, il est appelé jusqu’en 2006 Tokayou Tokay d’Alsace.

Le Pinot Gris porte de nombreux autres noms qui témoignent de sa diffusion européenne : affumé, arnoison gris, auvergnas gris, auvernat gris, auxerrat, auxerrois gris, auxois, burgundske sede, burot, druser, fauvet, friset, fromenteau gris, fromentot, Grauburgunder, Grauclevner, Grauer Mönch, gris cordelier, gris de Dornot, griset, levraut, malvoisien, Mauserl, moréote gris, moréote gris rouge, muscade, ouche cendrée, petit gris, pinot cendré, Pinot grigio, roter Burgunder, ruhlandi, rulandac sivi, rulandské šedé, szürkebarát, Speyrer, Viliboner. 

Le Pinot est un des plus vieux cépages français

 

C’est vers la fin du XIVèmesiècle que le nom de Pynozapparaît dans un écrit bourguignon. En 1395, Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne, convaincu du formidable potentiel de ce cépage, prend une ordonnance pour faire planter du Pynoz.

Le nom de Pinot viendrait de la forme de la grappe rappelant la pomme de pin. C’est peut-être la nouvelle dénomination d’un vieux plant, le « Noirien », déjà réputé pour la qualité des vins. 

 

Une chimère tissulaire naturelle

 

Comme tous les cépages, le Pinot a fait l’objet de multiples sélections depuis le Moyen Age. De plus il a tendance à muter spontanément. Il a ainsi donné par mutation le Pinot Noir, le Pinot gris et le Pinot blanc, trois cépages identiques qui donnent trois vins complètement différents.Grâce aux tests ADN nous savons maintenant que ce ne sont que des mutations de couleur. 

 

D’ailleurs il arrive qu’un pied de pinot noir porte des grappes noires, blanches, grises…

Des travaux menés par l’Inra de Colmar[25]sur le génome du pinot ont abouti à une découverte étonnante : certaines variétés de ce cépage ont deux génomes distincts, l’un pour l’épiderme et l’autre pour la baie elle-même. Dans le langage des généticiens, on appelle cela une « chimère tissulaire naturelle». 

 

Et aujourd’hui ! 

 

La surface du vignoble alsacien en Pinot Gris est en très forte augmentation depuis le milieu du XXesiècle. 

En 1969, 387 hectares soit 4 % du total du vignoble étaient plantés en Pinot Gris et en 2016, plus de  2 387 hectares soit 15.4 % du total du vignoble et 15% des volumes produits.

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Les Pinots Gris classiques sont marqués par leur caractère variétal, avec des notes fumées, forestières, automnales, de champignons, de fruits à chair blanche tout en étant souvent soutenus par notes citronnées. On peut les apprécier dans leur jeunesse mais fréquemment, ils ne perdent rien à patienter en cave quelques années. Ils gagnent alors en expression, notamment avec des notes minérales. Selon les vignerons, il s’agira de vins tout à fait secs (moins de 5 gr de sucre résiduel par litre) ou pouvant aller jusqu’à 10 ou 12 gr. La mode des Pinots Gris très marqués par les sucres est heureusement en perte de vitesse. 

 

Les Pinots gris de Terroir gagnent en profondeur et en intensité. Leur subtilité ravit les amateurs d’accords mets et vins. D’une façon générale, il y a beaucoup à gagner dans une évolution d’au moins 5 à 7 ans, de façon à faire apparaître les arômes tertiaires qui donnent au vin sa plénitude. Les Pinots gris accueillent aisément le botrytis cirenea et permettent de récolter régulièrement des Vendanges Tardives et des Sélections de Grains Noblesqui offrent aux amateurs leurs puissants arômes de coings et de miel.[26]


 Quelques descriptions qui laissent deviner les raisons de ma conversion récente au Pinot Gris 

 

Bouteille Millsime 2015 Pinot Gris La Courtille Vendanges TardivesPinot Gris Vendanges Tardives 2015 – « Clos La Courtille », Domaine Mittnacht Frères, Hunawihr

Dans ce petit clos bordé d’imposants murets, les raisins se gorgent de soleil et profitent de la chaleur restituée par les pierres. Le nez est puissant, complexe et dévoile des senteurs de fruits confits (coing, mirabelle, mandarine), de miel, quelques notes de torréfaction et une pointe de vanille. L’attaque en bouche est onctueuse et savoureuse. Le corps est plein, merveilleusement équilibré par une belle acidité qui contrebalance la richesse en sucre. 

         

Pinot Gris « Osterberg » 2016 – Domaine Agapé, Riquewihr

Pinot Gris Osterberg 2016Robe jaune légèrement dorée. Tout en jeunesse mais avec un très beau potentiel, il montre au nez des notes subtilement grillées et boisées. L’attaque en bouche est suave, sans lourdeur avec une sucrosité bien intégrée. L’acidité est présente et la  finale très élégante. 

 

 

 

Pinot Gris 2016 « Tzigane » - Domaine Fuchs Henry et Fils, Ribeauvillé

LEAD Technologies Inc. V1.01II était une fois... un vin d'Alsace appelé "TOKAY". Une légende - fort jolie - raconte qu'il y a quatre siècles, un certain Général Lazare de Schwendi, grand propriétaire terrien de vignobles en Alsace, aurait rapporté ce cépage de Hongrie. Depuis quelques années, hélas, le nom Tokay disparait de nos bouteilles pour cause de règlementation européenne, et le vin se décline sous la morne appellation de "Pinot Gris". Il délecte cependant toujours nos papilles, avec son nez caractéristique de sous-bois, délicatement fumé, développant certains millésimes ensoleillés, les notes subtiles et confites du coing. En bouche, c'est un vin opulent et gras, d'une grande longueur, avec une finale souvent sucrée. Dans un registre poétique, sa puissance évoque l'expression outrée des sentiments que l'on retrouve dans la musique traditionnelle hongroise, d'une grande virtuosité instrumentale, tantôt enjouée, fougueuse, tantôt langoureuse.

La bouteille se pare d'une étiquette à la manière d'une nature morte, aux couleurs de l'automne...Le nom du vin jaillit : Pinot Gris sera "Tzigane" ! Musique !



[1]Plus d’information sur le site internet de la Société d’Histoire du Val et de la Ville de Munster http://www.shvvm.fr/decouverte/reperes-pour-une-histoire-de-la-vallee-de-munster/traite-de-kientzheim

[2]Les rivières Tisza et Bodrog, à environ 200km au Nord Est de Budapest, non loin des actuelles frontières slovaques et ukrainiennes.

[3]L'origine du nom Tokaj proviendrait du vieux-slave stokajsignifiant « confluence », sútoken langue slovaque. 

[4]Bischoff (Georges), Dictionnaire de Biographie Alsacienne, Schwendi 34/3592

[5]Une mention très souvent reprise mais non sourcée. 

[6]Ce cépage est toujours cultivé dans la région viticole du Badacsony située à proximité du lac Balaton

[7]Lambert-Gocz (Miles), Tokaji Wine, Fame, Fate, Traditions, Ambeli Press, 2010

[8]Papirer (Eugène), « Schwendi et le Vin », Annuaire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Colmar,1977.

[9]Bischoff (Georges), L’Alsace à l’avant-scène des Guerres de religion : La Nouvelle Jérusalem, Eleutheroville et les Schelmes, Revue d’Alsace, 132 | 2006, 87-106.

[10]Nicklas (Thomas)Um Macht und Einheit des Reiches, Konzeption und Wirklichkeit der Politik bei Lazarus von Schwendi(1522-1583), Matthiesen Verlag, Husum 1995, Université de Erlangen, Univ. Dissertation 1994, Historische Studien, Heft 442.

[11]Muller (Claude), Alsace, Une civilisation de la Vigne du VIIIe siècle à nos jours, éditions Place Stanislas, 2010

[12]Le livre de référence mondial sur les cépages est « Wine Grapes : A complete guide to 1,368 vine varieties, including their origins and flavours » ouvrage de 1200 pages écrit par Jancis Robinson, Julia Harding et José Vouillamoz et édité en 2012. José Vouillamoz est un botaniste et généticien suisse qui grâce à un patient travail sur le terrain complété par des analyses d'ADN en laboratoire a permis de révéler tel un détective, les traces qui mènent à l'origine des cépages.

[13]Voegeli (Raymond), Riquewihr, son histoire, ses institutions, ses monuments, 1938, page 58-59

[14]Muller (Claude), L’Alsace une civilisation de la vigne du VIIIe siècle à nos jours, page 111

[15]Barth (Médard), Der Rebbau des Elsass, page 91

[16]Le Couvent de Weinbach fut vendu après la Révolution Française, et est aujourd’hui une des propriétés les plus réputées des domaines alsaciens. Il appartient à la famille Faller qui possède une copie de l’inventaire.

[17]Chronique de la viticulture à Ribeauvillé de 1400 à 1900, Cercle de Recherches Historique de Ribeauvillé et environs, revue n°22 – 2014 - page 15 

[18]Golbéry (Philippe), Antiquités de l’Alsace, ou Châteaux, églises et autres monuments des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1825-28, Paris

[19]Rothmuller (Jacques), Vues pittoresques des châteaux, monuments et sites remarquables de l’Alsace, 1839, Colmar

[20]Programme officiel de la 4e fête nationaledes vins deFrance célébrée les 21, 22, 23 et 24 mai 1936 à Colmar

[21]Programme officiel de la 4e fête nationale des vins de France célébrée les 21, 22, 23 et 24 mai 1936 à Colmar

[22]Article « Données actuelles et questions nouvelles » par Michel Feuerbach, avocat au barreau de Strasbourg, publié sur le site internet de l’association des sommeliers d’Alsace, le 2 novembre 2012.

[23]Le Goffic (Caroline) et Marcilhac (Vincent),  « Le Tokaj, enjeux patrimoniaux et juridiques d’un vignoble de prestige », les cafés géo, 2007

[24]Dr.SCHUMANN(Fritz),Entdeckung und Ruf des Ruländers, Gesellschaft für die Geschichte des Weines

[25]L’histoire du Pinot noir qui devient Pinot gris puis Pinot Blanc… une diversité de couleurs pour une diversité de vins ,Frédérique PELSY, Inra , article in presse.inra.fr, 03/04/2015

[26]Article « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Pinot Gris sans oser le demander » in http://www.alsace-du-vin.com/vin-alsace/magazine-vigneron-alsace/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu.html